Prise en charge de l'arthrose par injection de cortisone (infiltration corticoïde)
Les infiltrations de corticoïdes consistent à injecter un anti-inflammatoire directement dans l’articulation douloureuse afin de réduire l’inflammation et soulager la douleur. Elles sont principalement utilisées lors des poussées douloureuses d’arthrose, notamment au niveau du genou, de la hanche ou de l’épaule.
Dans ce contexte, la cortisone peut permettre de :
diminuer rapidement la douleur ;
réduire l’inflammation articulaire ;
améliorer la mobilité ;
diminuer temporairement la consommation d’antalgiques et d’anti-inflammatoires oraux.
Quand l’injection de cortisone est-elle proposée ?
Les injections de cortisone sont généralement proposées :
en cas de poussée inflammatoire douloureuse ;
lorsque les traitements habituels (paracétamol, AINS, kinésithérapie) sont insuffisants ;
lorsqu’il existe un gonflement ou un épanchement articulaire.
Comment se déroule l'infiltration ?
L’infiltration est réalisée dans des conditions d’asepsie rigoureuses, parfois sous guidage échographique ou radiologique afin d’améliorer la précision du geste. Le geste dure généralement quelques minutes.
La peau est désinfectée soigneusement.
Le médecin repère l’articulation.
Une aiguille fine permet d’injecter le corticoïde.
Dans certains cas, un excès de liquide articulaire peut être retiré avant l’injection.
Après le geste, un repos relatif de l’articulation est conseillé pendant 24 à 48 heures.
Quelle efficacité attendre ?
Les infiltrations de cortisone agissent souvent rapidement, parfois en quelques jours. Le bénéfice est surtout observé sur la douleur et l’inflammation.
Les études scientifiques montrent que :
L’amélioration est généralement plus importante à court terme : entre 48 heures et quelques jours après l’injection ;
l’effet peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois selon le stade de l’arthrose et l’articulation concernée ;
la réponse varie selon le stade de l’arthrose et le degré d’inflammation.
Les infiltrations sont surtout efficaces pour soulager les symptômes, mais elles ne guérissent pas l’arthrose. Elles s’intègrent dans une prise en charge globale comprenant l’activité physique, la rééducation et les mesures hygiéno-diététiques.
Quelles sont les précautions à prendre et quels sont les effets secondaires possibles ?
Les infiltrations sont généralement bien tolérées, mais certaines précautions sont nécessaires :
éviter les infiltrations en cas d’infection ;
prudence chez les patients diabétiques ou sous anticoagulants ;
limiter le nombre d’injections répétées dans une même articulation ;
rougeur ou sensation de chaleur ;
douleur transitoire après l’injection.
Le choix du traitement dépend toujours de l’âge, du type d’arthrose, des antécédents médicaux et du niveau de handicap.
Sources : (1) Recommandations de la Société Française de Rhumatologie sur la prise en charge pharmacologique de la gonarthrose. (2) Musculoskeletal corticosteroid injections: Recommendations of the French Society for Rheumatology (SFR). (3) Cochrane Review – Corticostéroïdes intra-articulaires pour l’arthrose du genou. (4) VIDAL Recos – Gonarthrose et coxarthrose. (5) Update on corticosteroids, hyaluronic acid, and platelet-rich plasma injections in the management of osteoarthritis.