On associe souvent l'arthrose aux seules articulations. Pourtant, la souffrance articulaire entraîne fréquemment des douleurs dans les structures voisines — en particulier les tendons et les muscles. Ce phénomène est bien documenté et souvent sous-estimé par les patients.
Lorsqu'une articulation est douloureuse ou raide, le corps cherche naturellement à la protéger : il modifie sa façon de bouger, surcharge les tendons environnants, et crée de nouvelles tensions. On parle alors de douleurs périarticulaires.
Les tendons, qui servent à relier les muscles aux os, peuvent également devenir douloureux lorsqu’une articulation est atteinte par l’arthrose.
Par exemple :
une arthrose du genou peut entraîner des douleurs autour du tendon rotulien ;
une arthrose de hanche peut provoquer des douleurs des tendons fessiers ;
une arthrose de l’épaule peut être associée à une atteinte des tendons de la coiffe des rotateurs.
Comment se manifestent ces douleurs tendineuses ?
Contrairement à la douleur articulaire "profonde" de l'arthrose, les douleurs tendineuses ont des caractéristiques propres :
Elles sont localisées à un point précis, souvent à l'insertion du tendon sur l'os.
Elles surviennent à la mobilisation mais aussi parfois la nuit ou au repos.
Elles peuvent être reproductibles : le médecin peut les déclencher en appuyant sur le tendon.
Elles s'accompagnent parfois d'un tendon épaissi ou sensible à la palpation.
Les tendons les plus souvent touchés
Selon la localisation de l'arthrose, certaines tendinopathies reviennent fréquemment :
Arthrose du genou → tendinite rotulienne, syndrome de la patte d'oie (face interne du genou).
Arthrose de la hanche → tendinopathie des fessiers, du tenseur du fascia lata.
Arthrose du pouce (rhizarthrose) → atteinte des tendons de la loge thénar.
Arthrose cervicale → contractures et tendinopathies des muscles cervicaux et trapèzes.
Que faire face à ces douleurs ?
Ces douleurs tendineuses sont traitables, et leur prise en charge améliore souvent le confort global :
La kinésithérapie est au cœur du traitement : elle permet de renforcer les muscles autour de l'articulation, de soulager les tendons en tension et de retrouver une mobilité normale.
Les antalgiques et anti-inflammatoires locaux (gels, patches) peuvent apporter un soulagement ciblé — sur avis médical.
Les infiltrations locales (corticoïdes) peuvent être proposées en cas de tendinopathie rebelle.
L'adaptation de l'activité physique : ni trop peu (le repos aggrave la raideur), ni trop (la surcharge entretient la douleur). Un programme personnalisé est toujours préférable.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin si :
La douleur persiste plus de 2 à 3 semaines malgré le repos relatif.
Elle perturbe votre sommeil ou vos activités quotidiennes.
Elle s'accompagne d'un gonflement important ou d'une fièvre.
Sources : (1) Berenbaum F. Osteoarthritis as an inflammatory disease. Osteoarthritis Cartilage. 2013;21(1):16-21. (2) Van der Heijden RA, et al. Periarticular pathology in osteoarthritis. RMD Open. 2020. (3) Trojian T, Khan KM. Tendinopathy: clinical management and pathophysiology. JAMA. 2021;325(12):1201-1212. (4) HAS. Prise en charge masso-kinésithérapique dans la gonarthrose, 2023. (5) EULAR. Recommendations for physical therapies in hip and knee OA. Ann Rheum Dis. 2019.